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Commémoration 25 ans groupe « Weesen-Elteren »

07.03.2013

Le mercredi 6 mars, le groupe d’entraide et d’échange pour parents ayant perdu un enfant, Weesen-Elteren, de la Croix-Rouge a commémoré ses 25 ans d’existence par une séance académique à l’Abbaye de Neumünster en présence de Madame Marie-Josée Jacobs, Ministre de la Famille, d’un représentant du Ministère de la Santé ainsi que de Monsieur Xavier Bettel, Bourgmestre de la Ville de Luxembourg. Après les discours officiels, une conférence a été proposée au public par Monsieur Bruno Fohn, psychologue et psychothérapeute, sur le thème : « Le deuil d’un enfant, du tout petit au plus grand : le groupe de parents comme support de résilience. » Textes lus pendant la séance académique.

Le groupe Weesen-Elteren

Le groupe Weesen-Elteren propose depuis 25 ans une écoute, un soutien et un accompagnement aux pères et mères en souffrance et en désarroi, confrontés au même destin.

Née en 1987 de l’initiative de plusieurs parents confrontés à la tragédie de la perte de leur enfant et suite à une conférence de l’Initiativ Liewensufank, le groupe s’est d’abord retrouvé au Veräinshaus au Limpertsberg. Un an plus tard, Jacques Hansen, ancien directeur général de la Croix-Rouge, a accueilli le groupe à bras ouverts au sein de son organisation. En effet, la démarche du groupe s’intégrait parfaitement dans la mission première de la Croix-Rouge « d’améliorer les conditions d’existence des plus vulnérables ». Les rencontres ont depuis lors lieu chaque dernier mercredi du mois au siège de la Croix-Rouge. En l’absence d’un terme désignant le statut des parents ayant perdu leur enfant, le groupe a opté pour la dénomination « Weesen-Elteren », parents orphelins, en analogie aux enfants orphelins.

« La détresse et le deuil après un décès se vivent à tout âge mais plus l’enfant décédé est jeune, plus l’injustice et l’incompréhension sont marqués. », affirme Bruno Fohn, psychologue et psychothérapeute. « La question du sens de cette mort devient lancinante. La famille et les proches témoignent de leur présence et de leur soutien lors du temps des funérailles. Puis, progressivement, les parents se retrouvent seuls sur ce chemin du deuil. Des sentiments de solitude peuvent conduire à un véritable isolement des parents concernés. »

« Le soutien et l’aide par des parents ayant traversé les mêmes difficultés donnent courage et ouvrent de nouvelles perspectives. Le groupe écoute, comprend, porte et supporte avec toute l’empathie qui lui est donné. Au fil des années, beaucoup de parents ont trouvé un soutien auprès de nous en partageant leurs souffrances et leurs espoirs renaissants. Nous leur rendons hommage aujourd’hui à l’occasion de nos 25 ans d’existence. », confie Gast Gieres, membre coordinateur du groupe 

 

Plus d’informations et contacts

Votre enfant est décédé. Vous souhaitez en parler et exprimer vos émotions lors d’un partage d’expériences avec des parents confrontés à la même douleur ? N’hésitez pas à contacter le groupe Weesen-Elteren au 691 90 13 21 ou à weesen.elteren@croix-rouge.lu. Vous pouvez télécharger le dépliant du groupe sur www.croix-rouge.lu/presentation-de-weesen-elteren.

La nouvelle édition de la publication Crosswords, intitulée « Affronter ensemble le deuil d’un enfant : Weesen-Elteren vous tend la main », est pour l’occasion entièrement dédiée à la thématique de la perte d’un enfant et à la présentation du travail fait par le groupe depuis 25 ans.

Découvrez ci-dessous le dernier Crosswords consacré au groupe « Weesen-Elteren »

 

Témoignage de Lucilia Gonçalves

« Lorsque j’ai intégré ce groupe il y a 11 ans, suite au décès de mon petit garçon, j’étais complètement anéantie. Me lever chaque matin et continuer à vivre dans ce monde sans mon enfant était un calvaire. J’ai cherché de l’aide auprès d’institutions et j’ai été redirigée vers le groupe Weesen-Elteren de la Croix-Rouge. Lors de ma première réunion, j’ai raconté mon histoire et j’ai beaucoup pleuré. L’écoute et la compassion que j’y ai trouvées m’ont donné envie d’y retourner . Les personnes autour de moi me comprenaient à 100% puisqu’ils étaient confrontés à la même souffrance. Les paroles de soutien et d’encouragement m’ont fait du bien même si au début je ne pouvais concevoir une quelconque amélioration de mon état de désespoir. Puis, petit à petit avec le temps, une once d’espoir surgit.

Je peux aussi en parler avec la famille et les amis. Je considère d’ailleurs leur rôle et leur appui moral indispensable dans un moment d’une telle souffrance. Seulement, ce n’est pas facile de consoler des parents qui ont perdu leur enfant alors on ne nous dit pas toujours les mots qu’on a envie d’entendre : « Tu es encore jeune, tu pourras avoir d’autres enfants ». Mais personne ne remplace personne. Aujourd’hui il arrive qu’on me dise : « Ca fait longtemps, il faut faire le deuil, il faut oublier ». Comment oublier l’absence d’un enfant et ce terrible chagrin qui nous fait si mal au cœur !? J’ai conscience aujourd’hui que toutes les choses que nous disent notre famille et nos amis partent de l’intention de nous consoler. Quant à mon mari, il en parle le moins possible mais il est toujours la pour m’écouter quand j’ai besoin de parler. Une personne qui perd son enfant est marquée à vie. Il y a un « avant » et un « après » la tragédie et ça, les membres du groupe le vivent aussi.

J’ai ressenti l’envie d’aider à mon tour les parents ayant traversé le même désespoir et j’ai constitué un groupe qui se réunit deux fois par an dans mon village au Portugal. Je considère qu’il est important de parler, de ne pas refouler ses émotions et de ne surtout pas en faire un sujet tabou dans la famille. »

Lucilia Gonçalves Da Silva, mariée, mère de trois enfants, dont un est décédé à l’âge de 22 mois, parent qui fait partie du groupe