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Temoignage_WeesenElteren_3

Témoignage de Lucilia Gonçalves à propos du groupe « Weesen-Elteren »

05.01.2013

« Lorsque j’ai intégré ce groupe il y a 11 ans, suite au décès de mon petit garçon, j’étais complètement anéantie. Me lever chaque matin et continuer à vivre dans ce monde sans mon enfant était un calvaire. J’ai cherché de l’aide auprès d’institutions et j’ai été redirigée vers le groupe Weesen-Elteren de la Croix-Rouge. Lors de ma première réunion, j’ai raconté mon histoire et j’ai beaucoup pleuré. L’écoute et la compassion que j’y ai trouvées m’ont donné envie d’y retourner . Les personnes autour de moi me comprenaient à 100% puisqu’ils étaient confrontés à la même souffrance. Les paroles de soutien et d’encouragement m’ont fait du bien même si au début je ne pouvais concevoir une quelconque amélioration de mon état de désespoir. Puis, petit à petit avec le temps, une once d’espoir surgit.

Je peux aussi en parler avec la famille et les amis. Je considère d’ailleurs leur rôle et leur appui moral indispensable dans un moment d’une telle souffrance. Seulement, ce n’est pas facile de consoler des parents qui ont perdu leur enfant alors on ne nous dit pas toujours les mots qu’on a envie d’entendre : « Tu es encore jeune, tu pourras avoir d’autres enfants ». Mais personne ne remplace personne. Aujourd’hui il arrive qu’on me dise : « Ca fait longtemps, il faut faire le deuil, il faut oublier ». Comment oublier l’absence d’un enfant et ce terrible chagrin qui nous fait si mal au cœur !? J’ai conscience aujourd’hui que toutes les choses que nous disent notre famille et nos amis partent de l’intention de nous consoler. Quant à mon mari, il en parle le moins possible mais il est toujours la pour m’écouter quand j’ai besoin de parler. Une personne qui perd son enfant est marquée à vie. Il y a un « avant » et un « après » la tragédie et ça, les membres du groupe le vivent aussi.

J’ai ressenti l’envie d’aider à mon tour les parents ayant traversé le même désespoir et j’ai constitué un groupe qui se réunit deux fois par an dans mon village au Portugal. Je considère qu’il est important de parler, de ne pas refouler ses émotions et de ne surtout pas en faire un sujet tabou dans la famille. »

 

Lucilia Gonçalves Da Silva, mariée, mère de trois enfants, dont un est décédé à l’âge de 22 mois, parent qui fait partie au groupe.