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Etre chargée de l’administration & des finances dans un centre pour réfugiés en Grèce

19.08.2017

La Croix-Rouge luxembourgeoise aide la Grèce à faire face à l’afflux massif des réfugiés et migrants (plus de cinquante mille, principalement Syriens et Afghans) répartis et bloqués sur notre territoire depuis les accords européens de 2016 sur la restriction des migrations. À cette vague d’immigration majeure (la plus importante en Europe depuis la Seconde Guerre Mondiale) s’ajoutent les difficultés économiques et la crise que connaît la Grèce depuis maintenant plus de sept ans.

En octobre 2016, la Croix-Rouge luxembourgeoise a donc mis en place une mission d’amélioration de conditions de vie liées à l’habitat dans un centre temporaire de réfugiés à l’est de l’Attique. Elle soutient ainsi la Croix Rouge hellénique qui offre de la nourriture, des services médicaux et du soutien psycho-social aux résidents du centre.

Bénéficiant de fonds de l’Union Européenne, le projet de la Croix-Rouge luxembourgeoise s’articule autour des nécessités suivantes :

  • l’étude pour la réhabilitation architecturale des trois bâtiments du centre (en collaboration avec la Shelter Research Unit de la CRL et avec les architectes locaux)
  • la provision en chauffage électrique, lits et articles de literie, placards personnels, laves-linge et articles d’hygiène pour les 300 résidents
  • l’installation et la rénovation complète du système de chauffage dans un des bâtiments
  • l’installation d’un container douche
  • la rénovation de l’espace et des équipements de la cuisine communale
  • la remise à niveau et les nouvelles installations liées à la protection contre les incendies

Au moment de l’annonce de la cessation du centre, des difficultés sont apparues, notamment dues au manque d’organisation et de réactivité dans la prise de décision de la part des administrations. Dans le quotidien, cela s’est manifesté par de nombreux freins dans la communication directe avec les bénéficiaires : il a fallu constamment faire appel à des médiateurs culturels et des interprètes.

Je garde en tête surtout les nombreux succès comme l’organisation et la distribution du matériel en un temps record par une équipe réduite de trois personnes. J’ai aussi beaucoup apprécié le soutien constant de la Croix Rouge hellénique et l’entente entre les deux entités, grecque et luxembourgeoise. J’ai été enfin très interpellée par la question cruciale de la sécurité des bâtiments qui impacte fortement l’avenir du centre.

Ce fut une mission très enrichissante car j’ai pu expérimenter l’effervescence de toutes les activités qui constituent le cœur d’un tel projet humanitaire et en prendre toute la mesure jusque dans la phase de fermeture, une nouveauté pour moi. J’ai pu saisir l’importance d’un mouvement de coordination plus réfléchi et davantage soutenu par les instances publiques : la politique d’immigration doit s’accompagner d’efficience humanitaire !